9 septembre 2014

Articles conseillés du 09-09-2014

Les hommes qui marchaient à l’amble…


Jusqu’au XVIIIe siècle environ, les enfants ne sont pas considérés comme de petits êtres adorables et intéressants.

Je suis bien d’accord !

Voilà qui est prometteur

Voilà un film qui doit faire peur


C’est bien dosé. Mais ça finit surtout par produire un effet, puisque vous tracez de nombreux parallèles entre l’Occident contemporain et l’Empire romain : attachement à la laïcité, manque d’idéaux collectifs, recherche de méthodes de développement personnel… Cela signifie-t-il que notre Occident est mûr pour accueillir un nouveau saint Paul? ou un Lénine? Vous dites qu’il existe peut-être, quelque part, un inconnu qui va tout transformer.

J’en suis convaincu. Je n’ai aucune idée des formes que ça peut revêtir, je pense que ça ne peut pas prendre des formes existant déjà, et je marche sur des œufs parce que je manque de culture scientifique. Mais j’ai le sentiment, que je crois assez répandu, qu’on est au seuil de changements majeurs. Pas seulement de civilisation, mais de l’idée qu’on se fait de l’être humain. Je crois qu’on est engagé dans un processus de mutation.

Celui qui écrit de façon géniale là-dessus, c’est Houellebecq. Au fond il ne parle que de ça: l’avènement d’un homme différent, avec le clonage, l’informatisation de toutes les fonctions, l’allongement de la vie jusqu’à une quasi-éternité.

blogmarks.net

26 août 2014

Aucun souvenir assez solide d’Alain Damasio

souvenirPrésentation de l’éditeur
Une cité de phares noyée par des marées d’asphalte où la lumière est un langage. Une ville saturée de capteurs qui dématérialise les enfants qui la traversent. Un monde où la totalité du lexique a été privatisée. Un amant qui marche sur sa mémoire comme dans une rue… En dix nouvelles ciselées dans une langue poétique et neuve, Alain Damasio donne corps à cet enjeu crucial : libérer la vie partout là où on la délave, la technicise ou l’emprisonne. Redonner aux trajectoires humaines le sens de l’écart et du lien. Face aux hydres gestionnaires qui lyophilisent nos cœurs, l’imaginaire de Damasio subvertit, perfore les normes et laisse à désirer. C’est un appel d’air précieux dans un présent suturé qui sature.

Avis

- Vous êtes qui, vous ?
– Je suis le Désir. Mais ici, on m’appelle Cut.
Il a l’air tout à fait sain et humain, si ce n’est ses pinces coupe-boulons à la place de ses bras.
– Si vous êtes le Désir, vous devriez être dans le réseau avec les autres…
– Vous croyez ? C’est mon frangin le Besoin qui se balade dans le réseau. Moi je suis là pour couper les câbles. Remettre de la distance. Je les déconnecte. Je casse le continuum. J’aère tout ça, quoi. Ce sont des ados, ils ont besoin de fusion pour s’oublier, pour ne pas avoir à se construire. Je leur apprends à articuler l’écart. Ils n’aiment pas ça.

Cet extrait, je l’ai lu chez Maïa Mazaurette sur GQ, où elle ne parle pas que de fesses. Il m’a convaincue d’investir dans l’achat de ce recueil de nouvelles. Bien m’en a pris, j’ai découvert un auteur. Mais attention, ce n’est pas un auteur que l’on aborde facilement, il faut avoir un minimum de plasticité cérébrale, car l’écriture est aussi belle que la construction des récits est complexe.

Chaque histoire nécessite un temps d’adaptation pour s’imprégner du style, du vocabulaire spécifique, de la logique propre d’un nouveau monde et des personnages bien sûr. Autant dire que chaque début de nouvelle est laborieux. Mais qu’est-ce que l’effort en vaut la peine ! Alain Damasio a une écriture magique, métaphorique, inventive (à souligner de 3 traits épais), rafraîchissante. Il surfe sur l’écologie, la technologie et les nouvelles technologies, les mythes. Il propulse dans le futur, dans un monde alternatif, on ne sait où mais on y est. Je n’ai jamais lu quelque chose de comparable et, pourtant, Catherine Dufour m’avait déjà filé une sacrée claque avec son Goût de l’immortalité. Là, c’est encore plusieurs crans au-dessus. Il n’y a qu’une nouvelle sur les dix qui m’a laissée sur le bord de la route ; impossible de rentrer dedans, pas de révélation finale, que de la perplexité et de l’incompréhension. C’est dommage, c’était presque un sans-faute. Inutile de préciser qu’à la première occasion, je vais me jeter sur le reste de sa production, mais pas tout de suite, là,il faut que je digère.

Cet ouvrage est vivement recommandé aux amoureux des mots, qu’ils soient amateurs de SF ou pas.